lundi 16 novembre 2009

FAN DE

Ma soeur Lisette a eu une guitare pour son anniversaire (super nouvelle, et moi, mon beau-frère il est gendarme).

Mais personne ne sait en jouer.

Lisette s’est donc mise en tête que son artiste préféré, Laurent Voulzy, allait lui prodiguer quelques conseils.

Moi j’ai répondu "maiiiiiiiiiiis bien sûûûûûûûûr, et la marmotte, elle met le papier alu sur la tablette de chocolat".

Mais Maman Chocolat a fait les gros yeux, parce que, paraît-il, je serais trop cash avec ma sister.

Meurph.

Et Maman Chocolat, qui croit que son aînée a le pouvoir subtil de conquérir le monde ("bah écris à Sarkozy pour lui dire pour la carte de séjour de Bribri!" - de keuhah???), m’a dit, "bah t’as qu’à écrire à Laurent Voulzy".

Oui da. Mère, comme vous y allez.

Mais comme je suis zune bonne poire, j’ai écrit une bafouille de deux pages et demie. Et j’ai trouvé une adresse sur le net pour envoyer le tout.

"Cher Monsieur Voulzy,

Je vous écris pour ma soeur Lisette. Lisette est un phénomène. Un sacré numéro. Un cas unique. Même parfois une catastrophe ambulante. C’est dire, aux urgences de la ville, ils la connaissent par son prénom. Chaque année, elle se pète un coude, se retourne un doigt, se casse un pied, se fait recoudre la jambe après un accident de vélo... Bref.

Lisette a 15 ans. C’est sa première année de lycée. Plutôt délicate pour elle, car ses camarades de classe lui mènent la vie dure: elle ne met pas de maquillage ni de talons hauts, connait les Beatles par coeur, ne s’intéresse que très peu à la télévision... ce qui apparemment n’est pas "cool". Elle se sent donc très isolée, à une période où on aime tant appartenir à un groupe!

Lisette a l’âme bohème, un peu artiste: elle crée sans arrêt. Elle dessine, elle bricole, elle confectionne, elle chante, elle écrit, elle s’interroge sur le monde... C’est aussi une grande rêveuse (parfois trop d’ailleurs, au grand dam de sa prof de maths!). Elle a l’oreille très musicale, dans une famille où on chante comme des casseroles. Imaginez un peu: le pipeau qu’on impose aux enfants de sixième de France et de Navarre, et qui, en général, fait hurler les chiens de l’immeuble à la mort quand ça répète pour le cour de musique. Et bien je dois reconnaître qu’elle s’en est très bien sortie. Elle nous a fait une démonstration à l’époque, et c’était très réussi (et ce n’est pas la soeur fière qui parle, je déteste le pipeau. Et les sixièmes).

Pour son anniversaire en août dernier, elle a reçu une guitare. Elle est très belle. Le seul hic, c’est que personne dans la famille ne sait en jouer. Ni l’accorder d’ailleurs. Nous souhaitions lui payer des cours pour Noël, mais pour l’instant, nous devons attendre un peu, crise oblige.

L’autre jour, elle m’a fait écouter ce qu’elle a appris à faire toute seule. Trois notes, en boucle. On aurait dit une intro qui ne finissait plus. Devant ma moue dubitative, elle me dit: "mais si je pouvais voir Laurent Voulzy, je suis sûre qu’il m’aiderait". Ben voyons, pensais-je, il n’a que ça à faire, tiens. Mais ma mère, qui croit que rien n’est impossible, et qui, en bonne bretonne, est, euh comment dire, persévérante dans ses idées, m’a demandé de vous écrire. Allons bon. Alors je vous écris.
C’est que Lisette est une grande fan, vous voyez. Elle a tous vos albums. Inutile de préciser qu’elle connait toutes les chansons par coeur. Sans blague, je ne sais pas comment elle a fait, mais elle vous a même collé en sonnerie de portable. Je peux vous dire que ça fait tout drôle quand ça sonne "tou tou tou touloutoutou le soleil donne". Et à chaque fois qu’on lui demande de nous mettre un peu de musique, vous pouvez être sûr qu’elle nous sort un de vos disques. Même au Nouvel An. Je vous aime bien, c’est pas la question, mais Laurent Voulzy? Y’a plus dansant tûdemême.

Me voilà donc obligée de passer outre la timidité d’écrire à une star, l’embarras de lui demander, encore en plus, quelque chose (c’est rudement gonflé, je vous l’accorde), et l’incertitude que ce soit bien vous qui lisiez ce courrier, parce que: c’est pour Lisette. Alors pour Lisette, je le fais.

Je me demandais donc s’il vous serait possible de lui prodiguer quelques conseils pour commencer la guitare? Ou - et là je pousse ma chance jusqu’au bout - serait-il possible qu’elle soit autorisée à venir vous voir (sans vous déranger dans votre travail) si jamais vous étiez en studio bientôt? Voici son email au cas où:

Je ne sais pas si vous aurez du temps à consacrer à ma demande, parce que vous devez être bien occupé, et que des demandes de fans, vous devez en recevoir des tas. Mais d’avance je vous remercie beaucoup de ce qu’il vous sera possible de faire!

Cordialement,

Lilychocolat"

Si vous étiez Laurent Voulzy, est-ce que

a) Vous avertiriez la DST qu’il y a une HARCELEUSE DE STARS en goguette en région parisienne?

b) Vous trouveriez la Lilychocolat complètement bizarre et vous lui recommanderiez un bon thérapeute (du Lexomil dans ton nessekwik ma poulette?)

c) Vous répondriez à Lisette et sa guitare abandonnée (AAAAAAAAA-ban-don-nnnnééééééeee)?
d) Sur les conseils de Madame A L'Ouest: la reponse D

Hein?

Hein?

dimanche 1 novembre 2009

Lilychocolat fete l'allo ouine

Si Halloween n’est pas une tradition très suivie en France, nous avons tout de même voulu marquer le coup (et puis avoir une excuse pour s’empiffrer de bonbons, pensez bien...). Alors on ne s’est pas déguisés, mais j’ai fait de la pâtisserie.



C’était supposé être l’épouvante la plus totale, voyez:



Ouuuuuuuuuuuuuuh!
Mais les collègues de Bribri à l’Hôtel des Bras Cassés ont trouvé mes cookies mignons.

Scrunch de zut. Mignons? Mignons? Meuh pas du tout! Ca fait peur, un chauve qui sourit.

Le lendemain je m’y suis remise, toujours plus loin plus fort plus vite jusqu’au bout de l’extrême limiiiiiiite, et j’ai dit: tiens, je vais faire des têtes de mort. Et elles vont faire vibrer les gens dans leurs caleçons tellement elles auront l’air effrayantes HAHHAHAAHHAA (vous y croyez vous au rire sardonique? Moi pas vraiment en fait. Humph).


Mais comment dire?

On dirait juste des smileys qui souffrent de ballonnements intestinaux


Hein?

Y a-t-il un atelier Pole Emploi pour l'art culinaire???

mercredi 21 octobre 2009

L'etiquette

Nous voici invités à un mariage aux Zétazunis l’été prochain. La cousine de Mister Bribri entre en épousailles avec un euh gros monsieur garçon bien portant. Ca a l’air d’être une grosse affaire, c’t’histoire, puisqu’on nous adresse d’abord un aimant à coller sur notre frigo avec leur photo pour "save the date" sur notre calendrier, et on nous dit que suivra l’invitation officielle un peu plus tard. J’espère que le postier la délivrera avec force trompette et cor de chasse.

Mmmmh.

Ce n’est pas tant le magnet qui me laisse coite.

Ni l’idée d’être placée à côté de ma belle-maman chérie au dîner youpiiii.

C’est plutôt l’enveloppe.

Voyez-vous dessus il est écrit deux points ouvrez les guillemets Mr and Mrs Bribri CARAMEL.

Oh l’autre hé! Non mais dis donc un peu sans blague. Je suis Madame Bribri Caramel?

Elle est bien bonne, celle-là, foi de Lily Chocolat.

Où qu’elle a vu que quand on se mariait, on perdait son identité pour devenir comme une extension de son mari, la cousine?

Humph.

Je t’en ficherais, moi, des Madame Bribri.

Suis-je la seule que ça agace ou bien???

vendredi 16 octobre 2009

Lilychocolat change de famille

Suite à ceci

En relation avec celui-là

Je vous salue bien bas et m’en vais de ce pas

Frapper à la porte de l’Elysée

En vue de me faire adopter.

Oh aller flûte, j’ai plus de 23 ans, tout un tas de diplômes

- Diplôme!
- Plôme.
(Une des blagues de Papa Chocolat quand il est très en forme. Mais de rien. Il fait aussi les mariages.)

Oui donc. 23 ans et des patates. De l’éducaichonne. Plus en bonus: la carte de membre officiel du club Pôle Emploi.

Du coup, si ma proposition est acceptée par Nicolas et Carla, lundi, va falloir que je change mon blog.

Je pense que ça s’appellera: "Lily S. Son succès. Sa Rolex."

Et j’enlèverai le rose. Pas assez bling. Et puis bon, je sais pas si je pourrai continuer à vous parler, hein... Parce que nous n’aurons plus les mêmes valeurs. Faut pas déconner. Beluga, mes amis.

A+ dans l’bus!
Lily S.

lundi 12 octobre 2009

Oups

Ma copine Adeline est géniale. Elle m’a toujours beaucoup fait rigoler. C’était par exemple la seule de tout un amphi à ne pas prendre furieusement de notes sur le théâtre anglais avant Shakespeare (chiantissime): elle faisait la sieste, la tête sur le polycopié. A la fin de l’heure, elle avait pratiquement tout le cours imprimé sur la joue...

Et bien la semaine dernière, elle a fait fort. Sa chef lui demande, paniquée:

- Adeline, où est-ce que je sauvegarde le rapport Machin que je viens de finir??!! Dans mon C:/ ?

Et Adeline, ne pensant qu’à sécuriser le précieux rapport, lui recommande de le sauvegarder sur le réseau commun, mais avec ses propres euh comment dire termes:

- Oh ben non! Mieux vaut que tu le sauvegardes dans ton Q:/

Ce matin, que chacun se rassure, elle a toujours son poste...

mercredi 7 octobre 2009

Lilychocolat est convoquee chez les flics (3/3)

Partie 3: Lilychocolat n’en mène pas large

Et un lundi matin, ça n’a pas loupé: diiiiiiiing dooooooooooong

Lilychocolat, qui adore recevoir des colis, décroche l’interphone toute réjouie

- Ouiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii?

Des cadeaux! Des cadeaux! Des cadeaux!

- Oui bonjour madame c’est le Brigadier Truc. C’est pour l’enquête.

Oh. Hum. Madame Chocolat? Elle est pas là. Elle est partiche. Ché souis oune employée et ché fais le ménache.

Mmmh. Probablement pas une bonne idée.

- Oui c’est au troichième. Euh troisième.

Et là, instant de panique: Lilychocolat a approximativement 33 secondes pour se préparer mentalement à rencontrer le Brigadier ("un p’tit café Brigadier?"), être glamour, intelligente, avoir une maison rangée et meublée avec goût, et un sourire ultra brite. Grumph. Les portes de l’ascenseur s’ouvrent déjà.

D’abord avant toute chose je n’ai vu que la bedaine du Brigadier Truc. Elle le précédait carrément. On pourrait dire que le Brigadier Truc est un bon vivant. Ensuite, j’ai été légèrement déçue parce que le Brigadier Truc portait un polo de rugby et pas son uniforme, quitte à faire jaser le voisinage, autant le faire avec style, non? M*rde alors.

Le Brigadier Truc et son 'ros bidon sont donc entrés dans mon humble demeure. Ca faisait suer parce que Bribri n’était point home.

Je m’apprêtais à plaider la folie passagère quand le Brigadier a déclaré

- Je viens pour l’enquête. Commandée par le Préfet. Communauté d’vie. Savez ce que c’est?

Oui, je suis pas diplômée en physique nucléaire m’enfin jusque-là je suis, quand même. Contre les mariages blancs.

- Donc je veux tout voir.

Oui non attends deux secondes tu m’as perdue, là, Brigadier.

Intelligemment, je dis donc

- Ké?

- Placards, salle de bain, brosses à dents, vêtements, tout. Tout l’appartement.

OH! Pile il choisit son jour, lui! Le lundi chez Lilychocolat, c’est là où qu’on range le birdel occasioné au cours du week-end. Et du birdel, croyez-moi, on en occasionne.

- Bon là ici c’est quoi?

C’est mon salon / bureau qui fait aussi bibliothèque et salle à manger, et home cinéma.

- Pièce à vivre.

- Okay et là c’est quoi?

Mmmh, un évier, une gazinière, un bol avec des fruits? Je sais pas, mais je dirais à tout hasard: une salle de muscu? Patate.

- Le coin cuisine.

- Avec une vaisselle de trois jours, à ce que je vois.

Oui et bien je te dis prout, Brigadier. T’avais qu’à passer le mardi. Le mardi, c’est permis.

- Bon et ensuite?

- Euh par là, c’est la salle de bains.

- Ouvrez tout.

Pfffffff. Moi j’ouvre pas le panier à linge sale. Passe-moi les menottes si tu veux mais y’a des limites quand même. J’ouvre le placard sous le lavabo. Puis je fais la démonstratrice Télé Achat: Alors là vous voyez c’est SA brosse à dents. Elle est verte. Ma mienne elle est là, et elle est violette. Car oui je choisis mes couleurs de brosses à dents, et oui, Bribri est très patient au supermarket quand j’opère mes choix en stratégie dentaire. Là c’est la mousse à raser Mennen. Sous vos applaudissements. Sinon on peut passer en revue les trucs de filles: hygiène intime, tout ça, ça vous intéresse?

Non. On fera un exposé argumenté et détaillé sur Always une autre fois. Le Brigadier semble satisfait.

- Et là, c’est quoi?

Mmmmh voyons un peu: un lit, des tables de nuit, des réveils... Je dirais: le garage!! Mais je me risque un peu, tu me diras.

- C’est la chambre à coucher.

- Ouvrez les placards.

Tu m’enchoses, là, présentement, Brigadier.

Des caleçons, des chaussettes taille 62, des chemises d’homme... Tu vois, là? C’est la partie à Bribri! Tu vois les trucs roses en bas? C’est ma partie à moi!

- Et là c’est quoi?

- Euh... Mon linge à repasser.

Le Brigadier Truc siffle. Je le soupçonne d’être un brin macho.

- Ben dis donc...

Oui certes la pile est haute mais j’en fais mon affaire. Pourquoi, tu te sens soudain de me faire mon repassage?? Hein?? Je te fais chauffer le fer? Tu le dis sinon.

- Bon et là c’est quoi?

Les wawas. Les latrines. Les gogues. Les chiottes. Les cabinets. Le pipi-room. Les WC. Les vatères. Les lieux d’aisance. Là où le roi va seul.

- Ce sont les toilettes.

- Ouvrez.

Oui suis-je bête au cas où je cacherai un afghan dedans.

Le Brigadier est satisfait de mes toilettes. Mais c’est parce qu’elles sentent le pin des Landes.

L’oeil du Brigadier s’arrête alors sur les jeux vidéos de Bribri.

- Oh Max Payne! Z’avez vu le film?

Non.

- Oui!

- C’était bien hein?

Comment te dire?

- Oh oui alors!

- Bon et maintenant, l’entretien.

Un entretien? Et s’il y a des questions pièges? Du genre quel est le plat préféré de la mère de votre mari? Euh je sais pas, des yeux de tritons. Ou comment s’appelait son arrière-grand-père? Ouh là!

- Vous vous êtes mariés quand?

Bon ça, ça va. Blondie le sait.

- En septembre 2005.

- Vous rappelez pas la date exacte?

Ben non c*nnard, puisque c’est un mariage blanc.

- Si, le 17.

- Sinon, vous avez des enfants?

- Non.

- Aucun en route?

Et bien écoute attends 5 minutes que je pissouille sur un bâton et on voit ça en live, qu’en penses-tu?

- Euh non.

- Et pourquoi?

Mais dis donc tu es long alacomprenette, Brigadier! Parce que c’est un mariage a-rran-gé!! J’ai sorti ce pauvret d’américain de la misère, je lui ai donné des papiers pour qu’il puisse survivre et obtenir un prestigieux poste de réceptionniste polyvalent à l’Hôtel des Bras Cassés depuis trois ans au Smic, voilà pourquoi!

- Ben on est un peu à l’étroit.

- Ben il vous faudrait un trois pièces!

Oh ben ça alors! Oui et un jacuzzi, une machine à popcorn, et, si possible, un majordome pour m’apporter Mickey Magazine au lit tous les matins.

- C’est sûr.

- Bon et vous n’avez pas de photos de vous ensemble?

- Pas au mur, non. Dans les albums. Vous voulez que je sorte les albums?

Moment de suspense. L’oeil du Brigadier s’arrête sur un des rayons de la bibliothèque. Sur le Quid. De 1990. Oui, car les grands-parents de Lilychocolat plaçaient de grands espoirs en elle lorsqu’elle était minotte, et au lieu de lui offrir Mielline Mèches Magiques, ils lui ont donné le Quid. Elle s’est retrouvée bien embêtée, sur le coup.

Or sur le Quid de 1990, il y a une photo de Chang, ce joueur de tennis chouineur. Moi personnellement, je préfère McEnroe avec son YOU CANNOT BE SERIOUUUUUUUUUSSS!!!!! de colère. Parce que moi z’aussi, j’aimerais faire YOU CANNOT BE SERIOUS!! Et piquer une crise de nerfs à la Poste, au supermarché, voire même au Pôle Emploi. Jeter ma raquette par terre et brailler YOU CANNOT BE SERIOUS! Je crois que ça doit faire du bien.

Bref. Chang.

- Oh Chang! Vous connaissez le tennis? Moi j’adore!

Non.

- Euh oui, moi aussi.

Et l’oscar de la meilleure fayotte 2009 est attribué à...

- Bon et bien très bien ce sera tout. C’est parce que le Préfet, voyez...

Oui, je vois. Le Préfet a des ordres du Petit Homme Nerveux et il a des charters à remplir, je suis au courant. C’est dommage, n’empêche. C’est Bribri qui aurait été content de repartir dans son pays en vol accompagné et gratuit! Comme quoi le monde est mal fait, j’vous jure!

vendredi 2 octobre 2009

Lilychocolat est convoquee chez les flics (2/3)

Partie 2: La star française

Un jour, je suis allée avec mon amie Shemsie (celle qui est caissière à Monopraye le jour et psychologue clinicienne la nuit, quand elle rêve que son diplôme va lui servir à quelque chose) prendre un thé dans le salon Le Loir dans la Théière. Très Alice au Pays qu’elle s’Emerveille, ce nom. Si vous passez sur Paris, dans le quartier du Marais, allez-y, c’est très sympa. Petit, mais sympa. Il nous fallait bien ça, pensez donc, on était toutes les deux en galère professionnelle. Un chocolat chaud et une bonne pâtisserie, ça vaut tous les Lexomils du monde urgh.

Voilà qu’on s’installe, qu’on commande, qu’on papote, quand soudain, j’aperçois un garçon assis à la table juste derrière Shemsie, et je me dis, mince celui-là je le connais.

Or Lilychocolat a plusieurs défaut. Entre autres, elle a tendance à s’alain deloniser - elle parle parfois d’elle à la troisième personne, ce qui est un peu embêtant. Sinon, elle tient absolument TOUT LE TEMPS à dire bonjour aux gens. Et enfin, elle SCRUTE. Voire même dévisage. Ce qui est extrêmement malpoli, z’en conviendrez.

En bonne Lilychocolat, je scrutais donc ce garçon tout en me coachant, vas-y blondie, fais chauffer la colle, où l’as-tu déjà vu? Il faut aller lui dire bonjour. Souviens-toi, ça y est c’est Alzeihmer qui commence. Démarre Simone, c’est moi qui conduis, c’est toi qui klaxonnes! Mais rien. Pas moyen de savoir où j’avais croisé ce gars.

Shemsie voit que mes neurones s’emballent dans une course folle et que j’ai ma tasse de chocolat grâcieusement suspendue en plein trajet table-bouche. Elle soupire (elle a l’habitude de mes singeries stadire), se retourne pour voir la cause de mon intense réflecsayon, et me dit, toute gênée,

- Euh Lily...Arrête de le regarder comme ça, c’est un acteur!

- AAAAAAAAAAAAAHHHH bah c’est ça!! Oui oui oui. Je savais bien que je l’avions vu quelque part!! Tu m’en diras tant!

- Donc tu peux arrêter de le regarder maintenant.

- Certes, certes. Oui mais comment est-ce qu’il s’appelle, déjà?

Shemsie, rouge comme un homard, se retourne une nouvelle fois.

- Euh... Je crois que c’est Romain Duris.

- AAAAAAAAAAAAAAAAAAAAHHH bah oui!! Maintenant que tu le dis!!! Tûtafé!! Par contre, il est rudement plus poilu qu’au cinéma, hein? Moi je trouve. Personnellement.

Shemsie est sous la table. Mais c’est vrai que moi, les torses habillés par Saint Maclou, ça me ragoûte peu.

Sauf que Romain Duris a repéré le manège de Lilychocolat, et en a un peu ras la casquette du scrutement intensif dont il fait l’objet. Conséquence: public, accroche-toi bien: Romain Duris m’a fait les yeux noirs courroucés! Ouah le scoop de la mort trop fort. Mais mais mais si ça se trouve, il s’est dit: on peut pas être une star et prendre son thé tranquille nan mais sans blague, et il a appelé la police nationale. Qui fait une enquête. Pour harcèlement fortuit de stars. Ouille. Faut-il que j’appelle Maître Capello Collard?

 
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